heathen-1HEATHEN "The Evolution Of Chaos" (2009)
Style : Thrash Metal dangereux
Nationalité : U.S.A.

J'expliquais dans ma merveilleuse dernière chronique pas du tout subjective du "Louder Than Hell" de MANOWAR que le Metal pouvait être (et est, n'ayons pas peur des mots) un formidable catalyseur d'ondes positives, permettant au passionné de traverser les plus dures étapes de la vie sans subir trop de dégats. Si si, c'est ce que j'essayais à peu près d'expliquer. En gros, musique Metal = Harnois clouté de St. Grobill STR +20 WIS & INT +15 avec +1 à tous les jets de dés pour la compétence "trouver objet caché dans les bacs des disquaires", bonus de +10 en SAN (à cause des pochettes de Grind) et malus de -5 en DEXT (à cause de la bière). Aujourd'hui, je me sens obligé de nuancer un chouilla ces propos trop idylliques. Oui le Metal peut sauver la vie, mais il peut aussi tuer. Et pas tuer dans le genre "putain ce morceau il tue", non non. Je parle de la vraie mort, la faucheuse avec retour à la case cimetière sans toucher les 20 000 francs et tout le tremblement. Parlez-en à la chauve-souris d'Ozzy Osbourne ou à Euronymous la petite amie de Varg, y'a un risque non nul quand on pratique ou écoute cette musique de faire un échec critique et de devoir recommencer une nouvelle feuille de perso au paradis. Moi par exemple, j'me suis envoyé dans un platane à cause d'une disque qui déchirait trop sa mère. J'ai pas fait ça style pour rigoler, j'me suis vraiment envoyé avec ma voiture dans un gros arbre, super solide même s'il était fabriqué en bois. Qu'est ce que je foutais à 120 km/h sur une route limitée à 90 pleine de bosses, de trous et cernée d'arbres tueurs de surcroît ? Bah faisons le test. Tu prends ta caisse, tu te diriges vers le plus proche périphérique de grosse ville que tu connais, tu fais des ronds à 90 à l'heure bien gentiment et là tu envoies "Dying Season" d'HEATHEN, volume bloqué sur "grosse défouraille". Au passage, permets moi de te dire que c'est pas très prudent ce que tu fais là de lire mon blog en conduisant. Alors, résultat des courses deux - trois minutes plus tard ? Tu tends des gros doigts aux usagers de la route en fonçant à tombeau ouvert sur l'asphalte ? C'est pas bien. Mais j'peux pas t'en vouloir, c'était couru d'avance. Tu ne PEUX PAS écouter ce disque en voiture sans finir pied au plancher. Moi même qui écrit en ce moment cette chronique en caleçon en écoutant la seconde partie de "No Stone Unturned", j'suis en train de piétiner rageusement ma pantoufle. Ce disque, c'est le défouloir idéal, c'est une explosion de saveurs dans les oreilles, c'est une des plus belles brutasseries Thrash sorti en cette jolie année 2009. Sacré "évolution" pour le combo ricain qui bénéficiait surtout avant ça d'un succès d'estime. "Breaking The Silence" (1987) et "Victims Of Deception" (1991) n'avaient que moyennement troué des culs, la faute à un chant perfectible, des compos pas toujours évidentes ou entrainantes ainsi qu'une arrivée tardive sur le marché de la zik qui tabasse. Après 2 skeuds seulement suivis d'un gros silence radio, le groupe avait encore tout à prouver. Quand t'as quasiment 20 ans pour bosser un peu ton produit et gommer les défauts, y'en a forcément quelques uns qui se permettent d'espérer une petite amélioration. Avec cette évolution du chaos (un nom prédestiné), ils n'ont sûrement pas été déçus. Après une belle intro à la cithare jouée par ...Steve DiGiorgio (hop, une petite érection surprise pour toi lecteur, c'est gratuit), le choc "Dying Season" est rude. Comme si tu venais de faire un plat à la piscine, tu assistes hébété et le souffle coupé à une démonstration de Thrash de haute-volée. Les riffs sont rapides, le son est gigantesque, une vraie baffe. Plutôt que de faire un choix entre la mélodie, la technique ou l'efficacité, HEATHEN a décidé de mettre le max de points dans toutes les caractéristiques à la fois. Gourmands, y'aura même du rab' ! David White aligne sur ce Thrash furibard des vocaux parfaits, blindés d'émotions et de violence maitrisée. Les soli sont tous excellents, et même si c'est détail pour vous, pour moi ça veut dire beaucoup. Pas de surenchère complètement conne à la ANNIHILATOR (j'ai pas très bien digéré une pub du genre "66 solos on this record !" sur l'album éponyme. Qu'est ce qu'on s'en branle du nombre de soli ?). Ici, chaque solo à sa raison d'être, sa place, pas besoin d'en mettre 10 000 pour que la moitié sonne comme du shred de merde sans âme. Riffs géniaux, voix qui claque, son qui avoine et soli nickels, il ne manquait plus que des compos au-dessus du lot pour faire de cet album un "must-have" du 21ème siècle. Tu as déjà vu la note finale, tu sais déjà de quoi il en retourne. HEATHEN a réussi à synthétiser sa musique, à la rendre plus concise, plus percutante et mérite donc le nombre d'étoile max, "The Evolution Of Chaos" étant clairement la meilleure fournée de leur discographie. Les mid-tempos sont dévastateurs, les... hmmm, LA power-ballad est inspirée et poignante ("A Hero's Welcome"). Mention spéciale également aux choeurs qui m'arrachent encore mon froc à chaque écoute. L'album est enfin suffisamment aéré et varié pour que ton plaisir soit sans cesse renouvellé. Voilà à coup sûr un des plus beaux come-back de l'histoire du Metal, qui arrive un an après celui d'un autre groupe de Thrash, allemand cette fois, au destin un peu similaire ("Electrify" des excellents PARADOX est à noter également sur vos listes de courses). Quel bonheur de revoir un groupe un peu trop vite oublié revenir en si grande forme !


 Album coup de coeur !

LINE UP :

David White : Chant
Darren Minter : Batterie
Jon Torres : Basse
Lee Altus : Guitare
Kragen Lum : Guitare

TRACKLISTING :

1. Intro
2. Dying Season
3. Control By Chaos
4. No Stone Unturned
5. Arrows Of Agony
6. Fade Away
7. A Hero's Welcome
8. Undone
9. Bloodkult
10. Red Tears Of Disgrace
11. Silent Nothingness