manowar-2MANOWAR "Louder Than Hell" (1995)
Style : Doigt-d'honneur-aux-falses-du-monde-entier Metal
Nationalité : U.S.A.

Il y a des jours où tout va mal, où il semble n'y avoir plus d'espoir ni de joie et où la perspective même de se lever de son lit paraît impossible. Quand ta propre vie échappe à ton contrôle et que tout autour de toi se drape de noir, tu te mets à frénétiquement chercher la petite lumière, celle qui t'empéchera de t'éteindre à tout jamais. C'est merveilleux l'instinct de survie. Certains trouvent cette petite lumière dans la foi, dans la drogue ou dans la pratique intensive de la pétanque, que sais-je encore ; moi, ma passion, c'est le Metal (oooooooh). Cette musique m'a sauvé la vie, plusieurs fois, et elle le fait encore aujourd'hui. Cette musique me relève quand mes genoux refusent de me porter et sèche mes larmes quand les amis ne trouvent plus les mots pour m'aider. Elle me fait hurler le poing, serrer des refrains et me fait croire en des jours meilleurs. Mieux, elle ne m'abandonne jamais. Le Metal, c'est comme un tampon, tu peux faire plein de choses avec. Du coup, désolé les gars, aujourd'hui on va reparler de MANOWAR. Vous savez, c'est ce groupe qui a honteusement copié le logo du festival Motocultor et dont les mots Steel, Power et Blood couvrent à eux trois 95% des chansons du quatuor. Bah ouais, quand tu cherches à te remonter le moral, t'évites bien sûr SHINING, BURZUM ou BETHLEHEM, je vais même pas me faire chier à expliquer pourquoi. SCORPIONS, FOREIGNER ou "Nothing Else Matters" de METALLICA c'est super limite aussi, pour peu que ça te rappelle des jolis souvenirs ou que les guitares lancinantes brisent ton petit coeur, c'est la foire aux Kleenex assurée. J'ai déjà pleuré sur du METAL CHURCH et même sur du DEATH (mais j'étais bourré) à cause de paroles ou de riffs trop touchants, donc on va éviter aussi. Non, il faut quelque chose de plus costaud, de primaire et de radical. La solution : se tourner vers le groupe qui n'évoquera rien d'autre chez toi que des sentiments simples et fédérateurs, comme l'exacerbation de ta passion ou sa supériorité incontestable sur tes minables petit problèmes de simple mortel homosexuel qui pleure comme une petite tafiolle gay (du cul). "Louder Than Hell" est l'album tout indiqué. C'est écrit, dit et martelé : "Metal heals my Son" ! Pourtant ils étaient pas en forme, les MANOWAR, au débuts des nineties. "The Triumph Of Steel" sorti 3 ans plus tôt, faisait tout l'effet d'un gros pétard mouillé. Rétrospectivement, entre le génial "Kings Of Metal" de 1988 et ce Louder Than Hell", c'est comme si MANOWAR s'était caché entre deux belles voitures de courses pour chier tranquillou une toute petite crotte inoffensive sur un parking, à l'abri des regards indiscrets. Mais il y a prescription, c'est oublié maintenant, surtout quand on voit les bouses qu'ils nous servent en ce moment. Revoilà donc les bêtes noires des cons qui pensent trop, plus bruyants que l'enfer et résolus à foutre sa grosse raclée au monde entier. À la première écoute, ça semble sacrément bien parti : les trois premiers morceaux sont des tueries monumentales, à faire se lever tous les poils de ton corps comme un seul homme. Le même "effet danette" qu'avec les précédents opus des américains et qui augure du meilleur. Paroles simples et qui font mouche, riffs encore plus simples et surefficaces, refrains taillés dans le granit, c'est du petit lait pour le fan fier de sa musique. Comment ne pas adhérer à 666% quand Eric Adams hurle des idioties du genre de "If you like Metal you're my Friend" sur "Return Of The Warlords" (dont il existe une excellente reprise de АРИЯ, mes chouchous russes) ou ne pas faire les cornes sur un refrain comme "The Gods made Heavy Metal and it's never gonna die" (tiens bah je viens de le faire) ? Chut, tais toi, c'est impossible je t'ai dit. Surtout qu'Adams est toujours en grande forme, un vrai plaisir de l'écouter balancer ses screams suraigus. La guitare n'est pas en reste non plus même si, supérieur techniquement, Logan ne surpassera pas Ross The Boss quand il s'agit de faire passer des émotions. L'album est surtout carrément plus brutal et jusqu'au boutiste que le reste de la disco des américains. Les potards foutus sur "Heavy pleine balle", on est bien loin des futurs trips héroic-fantasy gniangnian avec des riffs en papier mâché qui font bander tout mou. La suite de l'album, passées les trois premières perles, navigue entre le très bon et l'honnête ("Number 1"), sans toutefois jamais passer du mauvais coté de la balance. Entre mid-tempos ravageurs et ballades convaincantes ("Courage"), entre longs instrumentaux majestueux ("Today Is A Good Day To Die") et speederies Heavy, MANOWAR confirme avec cette jolie brutasserie son statut de poids lourd du Metal. J'vais vous dire, c'est pas important de savoir si ils sont sérieux ou si ils déconnent, parce que ce qu'ils pensent au final, on s'en branle. Ce qui compte, c'est pas la forme, c'est le fond. Ils pourraient chanter sur les brocolis que ça serait pareil (bon, là, j'exagère p'têt un p'tit peu). L'important, c'est qu'ils y croiront à ce qu'ils chantent jusqu'à la mort et cette foi à toute épreuve, cette croyance aveugle est belle. Comme quand Bernie de TRUST chante et que tu sens que le mec met toutes ses tripes dans ses paroles. Les gars de MANOWAR ils osent le solo de moto tu vois, et ils en ont rien à branler que tu trouves ça ridicule. Les gars sont has-been depuis le début et continuent quand même parce qu'être has-been c'est se soucier de ce que pensent les autres et les autres, c'est de la merde. Les gars ils vivent le Metal comme tu vis même pas ta vie de tous les jours, le poing levé et le regard haut. Les gars ils posent leurs couilles sur la table sans même un bonjour avant et ça doit pas être évident pour entretenir une conversation sérieuse, mais on s'en fout. C'est le Metal, c'est la musique "de la surenchère et du paraître, de l'emphase et du Larger Than Life", pour citer un excellent commentaire lu sur un excellent webzine. Et ça fait putain de bien, des fois, de décrocher de tout et de vivre enfin sa musique pleinement, comme un gros con qui aura de toute façon toujours raison, quoi que les gens disent.


Album coup de coeur !

LINE UP :

Eric Adams : Chant
Karl Logan : Guitare
Joey DeMaio : Basse, Claviers quand y'en a
Scott Columbus : Batterie

TRACKLISTING :

1. Return Of The Warlord
2. Brothers Of Metal, Part 1
3. The Gods Made Heavy Metal
4. Courage
5. Number 1
6. Outlaw
7. King
8. Today Is A Good Day To Die
9. My Spirit Lives On
10. The Power