split-2DRAWERS / HANGMAN'S CHAIR "Split" (2012)
Style : Stoner / Sludge Metal - Stoner / Doom Metal
Nationalité : France

Nan mais t'as vu la classe de l'image sur le coté gauche ? Trop "swag" n'est-ce pas ? C'est moi qui l'ai fait ! Tout seul, comme un grand, sur Paint, un logiciel pro de graphisme (tu connais pas). Pas mal hein ? Ça m'a à peine pris 2h30. Bah ouais, j'voulais pas faire de jaloux en mettant soit la face DRAWERS soit la face HANGMAN'S CHAIR, alors j'ai fait un p'tit mix maison, avec une barre diagonale qui part de manière oblique pour couper en travers les deux pochettes de biais, comme ça y'a pas de groupe lésé. Si tu la télécharges surtout tu dis que c'est de moi. Du coup on voit que dalle de la tête de caribou de DRAWERS et on comprend rien à l'image de HANGMAN'S CHAIR, mais j'ai réussi à sauver les nichons de la dame (en haut à droite). On voit aussi sa culotte. J'avais aussi eu l'idée de faire une animation en .gif qui montrerait tour à tour les deux pochettes se succédant l'une et l'autre de manière alternative, mais ça me faisait chier et j'ai pas le logiciel. Bon, c'est bien gentil tout ça mais si tu le permets on va p'têt arrêter de déblatérer sur un .jpg à la con et on va p'têt chroniquer l'album, hm ? Bien. Voici donc la toute toute première sortie - comme dirait Jeanne Mas - de Mood Disorder, un tout nouveau label pas pantouflard puisqu'il est charentais. Quand il sera grand, le petit Disorder se destine au gavage d'oreilles à l'ancienne avec du gros son bien gras, ce qui fait la fierté de ses parents. Preuve que le petit est bien parti, voilà sa première copie, un split vinyle rouge de toute beauté, au design classe et épuré. La tête de lecture à peine engagée dans les sillons, c'est DRAWERS qui se charge de te labourer les siphons (sauf si tu t'es gourré de face). Guitares aux graisses saturées et gosier qui fait des bulles, les toulousains officient dans un Stoner / Sludge surboosté qui me rappelle les américains de CROWBAR. Franchement, heureusement que je connais CROWBAR, sinon j'aurais bien été embêté. Première remarque, immédiate : le son est maouss costaud. Ample et dégoulinant comme une chemise triple XL dans le panier à linge sale d'un bûcheron, il coupe le souffle et en dit long sur le professionalisme du groupe. Rassurez vous, pas de mur de son cache-misère ici, le reste est à l'avenant. Un batteur qui en impose sans s'imposer, un son de basse à te déchausser les dents, des six-cordes aventureuses et comme bercées par le groove ambiant, le fermage d'yeux et le hochage de tête ne sont pas loin. Et puis il y a cette voix qui colle tellement bien, une voix brutale mais qui sait aussi se faire mélodique et pleine d'émotion, et tout ça en même temps ! Ça m'a fait un peu penser au travail de Devin Townsend sur le "City" de SYL, ah bah oui je sais, c'est pas de la comparaison de tarlouze. Si t'en veux une autre, à 3'04'', c'est carrément les bons moments d'un certain "Sabbath Bloody Sabbath" de DEVINE QUI qui remonte à la surface, tel une poche de gaz dans un vieux marécage. Comme quoi on peut faire un morceau de près de six minutes, bien lourd et bien lent, sans jamais être chiant. Transition toute trouvée pour passer au groupe suivant, on sent que HANGMAN'S CHAIR a aussi bouffé du BLACK SABBATH dans sa jeunesse ! Potards toujours au max, les gars n'ont pas à rougir des watts crachés par leur voisin de skeud. Les tempos sont plus lents, la voix chantée, c'est du coté de CANDLEMASS et de son Doom mystique qu'il va falloir chercher les influences de la formation francilienne. Je trouve un petit coté CORROSION OF CONFORMITY dans ces guitares suinfflantes (suintantes et sifflantes, franchement fais un effort, c'est nul si je dois expliquer à chaque fois), on va commencer à croire que je touche une commision sur les ventes du split mais c'est ainsi. Les musiciens sont un peu plus en retrait, comme en soutien derrière le chant. Si il transpire de ce morceau un étonnant plaisir de jouer, c'est le vocaliste qui éclaire le tout de son timbre grave et magnétique. Ici aussi, l'alliance d'un son à découenner le jambon et d'une voix prenant aux tripes s'avère être la formule gagnante. De ce mélange Stoner / Doom qui donne envie de fumer des joints, il sort une musique poignante, putain d'agréable et... pas du tout larmoyante, fallait le faire vu le style pratiqué. Voilà donc un EP de grande qualité, qui atteint pleinement son objectif : donner envie de persévérer dans la découverte de deux excellents groupes. Si t'as pas 8€ à sortir, les deux morceaux sont en écoute sur la page Bandcamp du label, mais je ne vous la conseille pas car les deux pochettes sont coupées de haut en bas et de manière verticale, c'est à l'évidence pas un très bon choix esthétique. Je rappelle (quoi ? je l'ai pas dit ? ah oui tiens) que ce 7 pouces est limité... alors en plus de découvrir deux futures valeurs sûres, ta collec prend aussi de la valeur ! C'est aussi le premier bébé d'un label qui a eu pas mal d'emmerdes pour le sortir (forceps et tout, j'te raconte pas, une boucherie), alors on a bien besoin de votre argent pour payer au gérant de Mood Disorder le bon massage aux huiles essentielles qu'il mérite, histoire de se détendre un peu et de bien se refaire le périnée. Et quand le disque vaudra 250€ sur Ebay et que personne ne l'aura sauf toi, tu remercieras qui, hm ?

LINE UP :

DRAWERS :
Jérémie Ruiz : Basse
Olivier Lolmède : Batterie
Alexandre Berenguer : Guitare
Laurent Bringer : Guitare
Niko Bastide : Chant
HANGMAN'S CHAIR :
Clément Hanvic : Basse
Mehdi Birouk Thépegnier : Batterie
Julien Rour Chanut : Guitare
Cédric Toufouti : Chant

TRACKLISTING :

Face DRAWERS :
1. Tears Never Come Alone
Face HANGMAN'S CHAIR :
1. I Am The Problem