vektor-1VEKTOR "Outer Isolation" (2011)
Style : Thrash Metal de jeunes cons
Nationalité : U.S.A.

Le Revival Thrash, ça m'énerve. C'est pas le "concept" qui me casse les couilles. Après tout, si des p'tits jeunes veulent suer sur du riff saccadé et de la double pédale, en essayant tant bien que mal de faire perdurer le son des gloires passées, moi j'dis "pourquoi pas". Nan, moi ce qui m'énerve et me rend tout chafouin, ce sont les logos. Putain les gars, qu'est-ce que c'est que ces logos tout merdiques ? C'est souvent la toute première chose que l'on voit du groupe, autant que ça claque un peu dans les mirettes ! Que ça soit VIOLATOR, SKULLFIST, WARPATH ou encore HAVOK (le pire de tous, sûrement dessiné par un gamin de 4 ans juste après sa sieste, là où il est le plus grognon et qu'il fait exprès de déborder partout), on jurerait qu'ils se sont tous lancés dans un grand concours de foutage de gueule, se battant à qui nous sortira le pire étron graphique possible. Si ma réflexion à priori superficielle peut vous faire au mieux sourire, il y a un problème sous-jacent plus grave. Qu'est ce que l'on essaye de nous dire au travers de ces gribouillis à chier partout ? Ces groupes souhaitent nous ramener de plain-pied dans les années 80, quand le Thrash faisait la loi sur la planète Metal. Ce que nos gugusses en vestapatch' ont donc retenu de cette époque bénie des dieux, c'est que les groupes de Thrash avaient des logos ridicules. Bravo pour l'hommage ! Souvent moins chiadés que ceux des groupes de Death ou de Black, les logos des groupes de Thrash de la grande période (83 - 90, à une vache près) n'avaient rien de ridicule ou de foncièrement moche et tiens, HAVOK ils peuvent aller se faire enculer pour que je foute un de leur patch sur ma veste entre FORBIDDEN et OVERKILL, ça leur apprendra. Au moins avec VEKTOR, même s'ils pompent allégrement sur VOIVOD, on a déjà un visuel respectueux du public et on peut porter le t-shirt en festoche sans se foutre la honte tout seul. Bon, je vous rassure, c'est pas la seule chose qui change. Contrairement à la majorité des groupes de cette nouvelle scène qui singent les principaux groupes ricains (je fais une généralité hein, WARBRINGER par exemple vise la cheville - et pourquoi pas le genou, soyons fous - de KREATOR), VEKTOR a axé sa ligne créatrice vers d'autres pointures, localisées hors du territoire US. Attendez vous donc à visiter du pays, à savoir le Canada, la Suisse ou encore l'Allemagne avec un deuxième longue-durée fleurant bon les travaux de CORONER, DESTRUCTION et ANNIHILATOR, soit un Thrash "en marge" et bien méchant. Pour les retardataires, VEKTOR avait épaté la gallerie en 2009 avec un premier album bien foufou, plein comme un touriste anglais sur le port de Cherbourg de riffs à ressorts, à tiroirs et à tout ce que tu veux. Toujours accompagnée par un vocaliste horripilant, sorte de progéniture issue d'une bonne partie de baise entre Dani Filth et Schmier de DESTRUCTION (j'ai aussi pensé aux hurlements dignes d'une Scream Queen dans un film gore de Mark Osegueda de DEATH ANGEL), la musique épileptique et quasiment expérimentale des américains reste agressive, technique, mélodique et dérangeante à la fois. Avec des compos au son brut de décoffrage et comme débarrassé de toute fioriture, le jeune combo d'Arizona va se faire une joie de nous déménager les pavillons vitesse grand V. Morceaux longs et déstructurés, cris ultrasoniques (je soupçonne David Disanto d'être en fait une chauve-souris égarée qui essaye juste de se repérer dans l'espace, tout le monde se fait avoir mais je suis pas dupe), arpèges dissonantes qui foutent les jetons et tempos lents non grata, VEKTOR résume le style, explose les critères et pousse la notion de Thrash dans ses derniers retranchements. Si le programme fait saliver et les premières écoutes sont enthousiasmantes, j'ai quand même un je-ne-sais-quoi qui pue un peu dans les narines. Je sais pas si c'est la vieillesse qui pointe le bout de son nez ou quoi, je m'en veux même d'être si dur mais c'est ainsi : tout ça ne me fait pas ressentir grand chose et sent un peu la branlette intellectuelle. Bien sûr, il y a d'excellents breaks mélo sur "Telestructural Minds", et j'étais pas loin d'avoir une demi-molle mentale sur le morceau éponyme dont la structure est très (mieux ?) travaillée, mais tout ça ne suffit pas à rendre un album inoubliable. Le pire, c'est que le groupe se met parfois des bâtons dans les trous tout seul, en nous sortant des titres bien trop longs pour du Thrash ("Cosmic Cortex" dure plus de 10 minutes !) ou en zappant de faire varier les tempos, donnant une impression bizarre de martèlement épuisant ("Cosmic Cortex" encore une fois). Enfin, et conséquence logique quand on joue autant avec l'architecture de ses compositions, une grosse sensation de bordel sonore nous envahit dès que la concentration baisse et n'aide pas à l'appropriation du disque. La frontière est mince entre progression musicale parfaite et construction "lego" dépareillée et VEKTOR finit par se perdre un peu en chemin en voulant impressionner l'auditoire. Résultats des courses, de très bons moments disséminés un peu partout mais un manque de cohésion, de profondeur dans l'oeuvre et au final la même petite déception que j'avais également ressenti avec WARBRINGER. Bon, bah j'm'en vais réécouter mes vieux vinyles moi...

LINE UP :

David Disanto : Chant, Guitare
Erik Nelson : Guitare
Blake Anderson : Batterie
Frank Chin : Basse

TRACKLISTING :

1. Cosmic Cortex
2. Echoless Chamber
3. Dying World
4. Tetrastructural Minds
5. Venus Project
6. Dark Creations, Dead Creators
7. Fast Paced Society
8. Outer Isolation