defleppard-1DEF LEPPARD "Hysteria" (1987)
Style : Hard F.M. comme un phoque
Nationalité : U.K.

Là, rien qu'à la vue de la pochette je devrais en faire chialer pas mal. Et ouais, c'est comme ça, c'est mon site, je fais ce que je veux. Aujourd'hui, on va parler ballades sirupeuses, slows tendres et crêpes au miel. Aujourd'hui, passons nous gaiement la bite au sirop d'érable, c'est DEF LEPPARD qui est à l'honneur. DEF LEPPARD, soit le groupe qui est "only listed because of their debut being considered NWOBHM" sur Metal Archives, le site référence pourtant réputé pour sa tolérance et son ouverture d'esprit. Chez les métalleux, t'as pas le droit de parler de "Hysteria". Il est pas sorti. DEF LEPPARD ça s'est arrété après "Pyromania", c'est comme ça. Après, on sait pas trop ce qui s'est passé. Paraîtrait qu'ils ont eu un accident de bagnole et qu'ils ont tous perdu leurs bras comme une vulgaire barre de demis de baby-foot, une vraie boucherie à ce qu'on raconte. Y'a eu un best-of qu'est sorti après, sûrement mais on est pas trop sûr, en tout cas y'avait pas de morceaux sortis après 1983 dessus et puis c'est tout, fin de l'histoire. Pourtant, il fut un temps, le léopard sourd c'était pas vraiment le groupe qu'on oubliait facilement, j'en veux pour preuve les 65 millions d'albums vendus dans le monde, dont 20 de ce "Hysteria" seul. Alors pourquoi donc qu'il est pas aimé celui là, alors qu'il a fait pété les highscores des ventes (7 titres sont tout de même sortis en single sur deux ans) ? Parce que ça s'est VENDU, pardi ! Et quand plus y'a des MEUFS qui aimaient ça (elles aimaient tellement ça que quand tu leur demandais "t'aimes ça hein ?" elles répondaient "oh oui j'aime ça", c'est dire si elles aimaient ça), et ça le métalleux lui il aime pas, comme Chuck Klosterman nous le raconte dans son excellent "Fargo Rock City - Confessions d'un fan de Heavy Metal en zone rurale". Si la femme aime, c'est que c'est des vendus et que c'est pas du Metal, c'est aussi simple que ça. Faut dire que "Hysteria" fait un peu pédé sur les bords. La batterie électronique énerve, le son trop propret enquiquine. Quand "Love Bites" démarre avec ses sons électroniques, durant quelques secondes on s'attend à de l'eurodance du style d'E-TYPE et quand Joe Elliot chante "When you make love..." avec sa voix de canard enrhumé, on a juste envie de se marrer. Tous les morceaux sont mid-tempos, et très peu d'entre eux se fâchent : si, il y a "Run Riot", et pis... euh... bref. L'album a mis trois ans à sortir, et même avec l'affaire Rick Allen - le batteur perdra un bras dans un accident de voiture et devra réapprendre à jouer sur une batterie entièrement conçue pour lui, ce qui ne se fait pas en un après-midi - on comprend bien que les morceaux ont été retravaillés en post-prod des mois entiers jusqu'à usure des bandes, ce qui explique ce son complètement aseptisé. Mutt Lange, le producteur du groupe, devient quasiment le sixième membre du groupe, et ça aussi ça ne sent pas très bon. Lui qui avait dépoussiéré le son d'AC/DC avec "Highway To Hell", leur ouvrant les portes de la gloire, va co-écrire tous les morceaux de "Hysteria", et la rumeur dit que les gratteux ont dû apprendre des soli composés tout d'abord en studio. Partant de là, c'est pas avec ce disque qu'on va passer pour un trou ribeule en l'écoutant très fort dans sa voiture et pas mal de metalheads ont dû découdre du patch DEF LEP' à la pelle en cette année 87. Néanmoins et malgré tous ces mauvais signes, "Hysteria" est une totale réussite. Metal ou pas, rien à branler tant le rendu est si unique, entraînant et calibré pour faire fondre ta matière grise. Un son futuriste encore tellement percutant aujourd'hui que direct les bras t'en tombent (désolé, on m'a obligé), des refrains parfaits et si prenants que ça fait un mois que je dors sur le canapé tellement j'emmerde ma femme avec mes houhouuus houyeaaaah haut-perchés, des choeurs comme si tous les anges du paradis chantaient dans un unisson impeccable, rien d'étonnant à ce que tous les charts du monde entier tombent un à un devant le travail titanesque des anglais. Du mégatube en acier "Pour Some Sugar On Me" qui détrempera des centaines de mètres carrés de petites culottes au terrible "Rocket", de "Women" à "Animal", tout est étudié pour te faire danser, chanter, hurler et chavirer. Franchement, un album de cette classe, moi j'applaudis des deux mains !


Album coup de coeur !

LINE UP :

Joe Elliott : Chant
Rick Allen : Batterie
Rick "Sav" Savage : Basse
Phil Collen : Guitare
Steve Clark : Guitare

TRACKLISTING :

1. Women
2. Rocket
3. Animal
4. Love Bites
5. Pour Some Sugar On Me
6. Armageddon It
7. Gods Of War
8. Don't Shoot Shotgun
9. Run Riot
10. Hysteria
11. Excitable
12. Love And Affection