metalchurch_1METAL CHURCH "Hanging In The Balance" (1993)
Style : Heavy Metal / Thrash Metal émouvant
Nationalité : U.S.A.

Les Metalheads, c'est des gros sensibles. Ah ça, on aimerait bien que le monde entier tremble à la vue de nos bracelets à clous et de nos t-shirts CANNIBAL CORPSE, mais faut pas se leurrer les gars, personne n'est dupe. A voir nos p'tits bisous sur les joues de nos potes dès qu'on a une Leffe dans le nez ou nos rêves secrets de séances de touche-pipi avec la sœur de / la voisine / ta meuf / Angela Gossow (rayez la mention inutile) sur fond de soleil orange et de "Stylo Vindiou", on est tout sauf des durs. Une fois dans le bus en partant en répèt, une vieille m'a dit que ma guitare ressemblait à celle de Denver, OUI OUI, le dernier dinosaure himself, c'est dire si j'inspire de la crainte à peau d'zob. Ma femme me dit parfois que je vis dans le monde des Bisounours. Bon, moi je l'écoute pas, tout occupé que je suis à sauter sur des arc-en-ciels pour péter la gu**le de cet enculé de sorcier Sans-Cœur(*), mais ça reste vexant quand même.

Tout ça pour dire (oui, cette intro minable a une bonne raison d'être là) que j'ai chialé une fois sur cet album, tout émouvu que j'étais (et aussi bien rond mais ça n'excuse rien). Alors je te rassure ami lecteur, ce n'est pas pour cette fantastique pochette que j'ai tapé ma larmichette. Non mais comment peut-on oser ainsi saborder son PROPRE album en foutant sur son PROPRE boulot - qui a dû prendre un sacré paquet de temps quand même(**) - une pochette aussi... immonde ? QUI a dit : "j'aimerais bien une grosse sur un fil avec des nibards en métal et un petit parapluie" ? Et les autres ont acquiescé style "putain géniale ton idée mec, on y avait pas pensé" ?!? Je comprends pas. C'est pourtant pas compliqué de foutre 2 – 3 squelettes et des dragons sur une jaquette merde, tiens bah tant pis pour leurs gu**les s'ils sont pas plus connus après tout.

Tout ça donc pour dire que j'ai chialé une fois sur "Gods Of Second Chance". Cette chanson et son texte touchant défoncent tout et justifient à eux seuls l'achat de l'album. On y retrouve tout ce qui fait le "son" METAL CHURCH : Dès les premières secondes, la section rythmique engage les hostilités. Une basse groovy prenant (une fois n'est pas coutume) pleinement part au combat se fait entendre, appuyée en renfort par une batterie percutante à base de caisse claire qui claque. Stratégique et suffisamment "fin" dans son déploiement, le son des deux instruments va servir d'écrin à ce putain de chanteur d'exception qui vous saute maintenant aux esgourdes. Parfait mélange de sensibilité et de brutalité, tel un pyrénéen de Lindt en plein dans les dents, Mike Howe a une voix évoquant le diamant le plus pur taillé à la scie circulaire(***). Digne successeur de David Wayne (R.I.P.) sur 3 opus du groupe, son timbre éraillé mais empreint d'émotion fait penser à des voix comme celle de Sebastian Bach de SKID ROW (à qui l'on aurait piqué son goûter quand même) ou à plus juste titre celle du majestueux Jon Oliva de SAVATAGE. Si les deux derniers vocalistes cités ont indubitablement plus de capacités et une plus grande tessiture, on retrouve chez Mike cette approche "Heavy tourmenté" se baladant à la lisière du Thrash la nuit venue pour déprimer en regardant la lune. Un habile duel de guitare par dessus pour lier la sauce, un refrain envoûtant, beaucoup de feeling et emballez c'est pesé !(****)

Certains esprits chagrins me diront que "Hanging In The Balance" est quand même vachement mou et que les très bons "Metal Church" (1985) et "The Human Factor" (1991) sont bien plus représentatifs du groupe. Spafo. METAL CHURCH pratique un Thrash taillé pour lui seul, aux tempos fortement ralentis comparés à un SEPULTURA hypervéloce par exemple. On peut déjà affirmer sans trop se risquer qu'on va pas dépasser les 264 bpm de "Stronger Than Hate", oui je sais c'est triste mais c'est comme ça. De plus, en 1993, les gars en jeans troués on les aime toujours bien sur MTV mais non permanentés, en Van's® et les soli tu peux te les foutre où je pense. C'est la débandade dans le grand caleçon du Metal en ces années Grunge© et nos Heavy-Thrasheurs d'Aberdeen la cité perdue se prennent les premiers postillons de désintérêt public sur le perfecto. On est alors contraint d'explorer d'autres contrées pour survivre. Exit les parties les plus soutenues (qu'étaient déjà pas les plus rapides), on flirte maintenant avec le Hard... Mais là où beaucoup se sont lamentablement plantés, la mue se déroule ici naturellement et nos p'tits gars n'auront pas à rougir du travail accompli.

En apportant certaines mélodies et arrangements très typés côte est, palmiers and Cie (l'entraînant "Losers In The Game" et ses intonations à la MÖTLEY CRÜE ou "A Subtle War" rappelant l'intro de "Unskinny Bop" de POISON), en ralentissant considérablement la formule déjà un peu étriquée depuis "The Human Factor", METAL CHURCH a su apporter un nouveau souffle à sa musique. Et si les riffs bétons de l'effort précédent sont toujours bien là ("No Friend Of Mine" et son refrain mordant, l'ultra-efficace "Conductor"), ils servent maintenant à sublimer un hurleur au coffre impressionnant et idéal dans son nouveau registre. Après s'être effacées humblement pendant que le public vide des litres d'essence à briquet, les guitares sauront refaire parler la poudre avec des soli emportés ("Waiting For A Savior", poignante). Dommage quand l'on écoute ces superbes refrains de constater que le soufflé retombe un peu durant la seconde partie du disque. La faute à des morceaux moins convaincants (une grosse partie de "Little Boy"), à des erreurs manifestes de track-listing (l'exercice de style instrumental "Lovers And Madmen" quasiment à la fin, c'est une blague ?) ou à des morceaux sortant complètement du moule. "End Of The Age" est sûrement la soucoupe volante de cette galette : Ballade aux relents de QUEEN mal digérés déviant vers un délire punkoïde au solo démentiel, cet OVNI aux surimpressions de grattes a malheureusement tendance à creuser un fossé entre les deux faces du disque.

J'avais découvert ce groupe et cet album en particulier avec un reportage d'une heure sur l'histoire du Metal présenté par le père Zégut habillé d'une peau de bête(*****). Je me souviens avoir entonné "Gods Of Second Chance" un bon millier de fois... Et l'extrait diffusé ne dépassait même pas quinze pauvres secondes ! Vous imaginez la portée de cet obus ? Alors, est-ce que pour autant "Hanging In The Balance" serait le chef dœuvre incompris de METAL CHURCH ? Non. Musicalement parlant (j'ai fait le test), pas besoin de vous passer plus d'une minute trente du premier album éponyme pour vous rendre compte qu'il déchire dix fois plus la face. Mais en levant le pied, METAL CHURCH a su toucher mon âme. Et pour une fois que je ne gu**le pas quand ça freine un peu, c'est que ça vaut la peine !

Mes frères je vous le dit, venez communier avec moi !

(*) Oups, erreur de censure...
(**) Combien de temps ça prend pour sortir un album ? Combien ? Une heure, une heure et demi ?
(***) J'avais aussi pensé à un gant de toilette plein de graviers mais c'est nettement moins classe comme image.
(****) Je savais pas comment finir ce paragraphe et j'avais déjà commencé l'autre, donc tant pis.
(*****) Y'avait aussi Ariel Wizman et trois filles à poil, c'était bien tripant. Si quelqu'un retrouve ça, qu'il me contacte !


Album coup de coeur !

LINE UP :

John Marshall : Guitare
Craig Wells : Guitare
Kirk Arrington : Batterie
Duke Erickson : Basse
Mike Howe : Chant
 
TRACKLISTING :

1. Gods Of Second Chance
2. Losers In The Game
3. Hypnotized
4. No Friend Of Mine
5. Waiting For A Savior
6. Conductor
7. Little Boy
8. Down To The River
9. End Of The Age
10. Lovers And Madmen
11. A Subtle War