Heavy Metal Is The Law

29 juin 2012

HEATHEN - The Evolution Of Chaos (2009)

heathen-1HEATHEN "The Evolution Of Chaos" (2009)
Style : Thrash Metal dangereux
Nationalité : U.S.A.

J'expliquais dans ma merveilleuse dernière chronique pas du tout subjective du "Louder Than Hell" de MANOWAR que le Metal pouvait être (et est, n'ayons pas peur des mots) un formidable catalyseur d'ondes positives, permettant au passionné de traverser les plus dures étapes de la vie sans subir trop de dégats. Si si, c'est ce que j'essayais à peu près d'expliquer. En gros, musique Metal = Harnois clouté de St. Grobill STR +20 WIS & INT +15 avec +1 à tous les jets de dés pour la compétence "trouver objet caché dans les bacs des disquaires", bonus de +10 en SAN (à cause des pochettes de Grind) et malus de -5 en DEXT (à cause de la bière). Aujourd'hui, je me sens obligé de nuancer un chouilla ces propos trop idylliques. Oui le Metal peut sauver la vie, mais il peut aussi tuer. Et pas tuer dans le genre "putain ce morceau il tue", non non. Je parle de la vraie mort, la faucheuse avec retour à la case cimetière sans toucher les 20 000 francs et tout le tremblement. Parlez-en à la chauve-souris d'Ozzy Osbourne ou à Euronymous la petite amie de Varg, y'a un risque non nul quand on pratique ou écoute cette musique de faire un échec critique et de devoir recommencer une nouvelle feuille de perso au paradis. Moi par exemple, j'me suis envoyé dans un platane à cause d'une disque qui déchirait trop sa mère. J'ai pas fait ça style pour rigoler, j'me suis vraiment envoyé avec ma voiture dans un gros arbre, super solide même s'il était fabriqué en bois. Qu'est ce que je foutais à 120 km/h sur une route limitée à 90 pleine de bosses, de trous et cernée d'arbres tueurs de surcroît ? Bah faisons le test. Tu prends ta caisse, tu te diriges vers le plus proche périphérique de grosse ville que tu connais, tu fais des ronds à 90 à l'heure bien gentiment et là tu envoies "Dying Season" d'HEATHEN, volume bloqué sur "grosse défouraille". Au passage, permets moi de te dire que c'est pas très prudent ce que tu fais là de lire mon blog en conduisant. Alors, résultat des courses deux - trois minutes plus tard ? Tu tends des gros doigts aux usagers de la route en fonçant à tombeau ouvert sur l'asphalte ? C'est pas bien. Mais j'peux pas t'en vouloir, c'était couru d'avance. Tu ne PEUX PAS écouter ce disque en voiture sans finir pied au plancher. Moi même qui écrit en ce moment cette chronique en caleçon en écoutant la seconde partie de "No Stone Unturned", j'suis en train de piétiner rageusement ma pantoufle. Ce disque, c'est le défouloir idéal, c'est une explosion de saveurs dans les oreilles, c'est une des plus belles brutasseries Thrash sorti en cette jolie année 2009. Sacré "évolution" pour le combo ricain qui bénéficiait surtout avant ça d'un succès d'estime. "Breaking The Silence" (1987) et "Victims Of Deception" (1991) n'avaient que moyennement troué des culs, la faute à un chant perfectible, des compos pas toujours évidentes ou entrainantes ainsi qu'une arrivée tardive sur le marché de la zik qui tabasse. Après 2 skeuds seulement suivis d'un gros silence radio, le groupe avait encore tout à prouver. Quand t'as quasiment 20 ans pour bosser un peu ton produit et gommer les défauts, y'en a forcément quelques uns qui se permettent d'espérer une petite amélioration. Avec cette évolution du chaos (un nom prédestiné), ils n'ont sûrement pas été déçus. Après une belle intro à la cithare jouée par ...Steve DiGiorgio (hop, une petite érection surprise pour toi lecteur, c'est gratuit), le choc "Dying Season" est rude. Comme si tu venais de faire un plat à la piscine, tu assistes hébété et le souffle coupé à une démonstration de Thrash de haute-volée. Les riffs sont rapides, le son est gigantesque, une vraie baffe. Plutôt que de faire un choix entre la mélodie, la technique ou l'efficacité, HEATHEN a décidé de mettre le max de points dans toutes les caractéristiques à la fois. Gourmands, y'aura même du rab' ! David White aligne sur ce Thrash furibard des vocaux parfaits, blindés d'émotions et de violence maitrisée. Les soli sont tous excellents, et même si c'est détail pour vous, pour moi ça veut dire beaucoup. Pas de surenchère complètement conne à la ANNIHILATOR (j'ai pas très bien digéré une pub du genre "66 solos on this record !" sur l'album éponyme. Qu'est ce qu'on s'en branle du nombre de soli ?). Ici, chaque solo à sa raison d'être, sa place, pas besoin d'en mettre 10 000 pour que la moitié sonne comme du shred de merde sans âme. Riffs géniaux, voix qui claque, son qui avoine et soli nickels, il ne manquait plus que des compos au-dessus du lot pour faire de cet album un "must-have" du 21ème siècle. Tu as déjà vu la note finale, tu sais déjà de quoi il en retourne. HEATHEN a réussi à synthétiser sa musique, à la rendre plus concise, plus percutante et mérite donc le nombre d'étoile max, "The Evolution Of Chaos" étant clairement la meilleure fournée de leur discographie. Les mid-tempos sont dévastateurs, les... hmmm, LA power-ballad est inspirée et poignante ("A Hero's Welcome"). Mention spéciale également aux choeurs qui m'arrachent encore mon froc à chaque écoute. L'album est enfin suffisamment aéré et varié pour que ton plaisir soit sans cesse renouvellé. Voilà à coup sûr un des plus beaux come-back de l'histoire du Metal, qui arrive un an après celui d'un autre groupe de Thrash, allemand cette fois, au destin un peu similaire ("Electrify" des excellents PARADOX est à noter également sur vos listes de courses). Quel bonheur de revoir un groupe un peu trop vite oublié revenir en si grande forme !


 Album coup de coeur !

LINE UP :

David White : Chant
Darren Minter : Batterie
Jon Torres : Basse
Lee Altus : Guitare
Kragen Lum : Guitare

TRACKLISTING :

1. Intro
2. Dying Season
3. Control By Chaos
4. No Stone Unturned
5. Arrows Of Agony
6. Fade Away
7. A Hero's Welcome
8. Undone
9. Bloodkult
10. Red Tears Of Disgrace
11. Silent Nothingness

 


28 juin 2012

MANOWAR - Louder Than Hell (1995)

manowar-2MANOWAR "Louder Than Hell" (1995)
Style : Doigt-d'honneur-aux-falses-du-monde-entier Metal
Nationalité : U.S.A.

Il y a des jours où tout va mal, où il semble n'y avoir plus d'espoir ni de joie et où la perspective même de se lever de son lit paraît impossible. Quand ta propre vie échappe à ton contrôle et que tout autour de toi se drape de noir, tu te mets à frénétiquement chercher la petite lumière, celle qui t'empéchera de t'éteindre à tout jamais. C'est merveilleux l'instinct de survie. Certains trouvent cette petite lumière dans la foi, dans la drogue ou dans la pratique intensive de la pétanque, que sais-je encore ; moi, ma passion, c'est le Metal (oooooooh). Cette musique m'a sauvé la vie, plusieurs fois, et elle le fait encore aujourd'hui. Cette musique me relève quand mes genoux refusent de me porter et sèche mes larmes quand les amis ne trouvent plus les mots pour m'aider. Elle me fait hurler le poing, serrer des refrains et me fait croire en des jours meilleurs. Mieux, elle ne m'abandonne jamais. Le Metal, c'est comme un tampon, tu peux faire plein de choses avec. Du coup, désolé les gars, aujourd'hui on va reparler de MANOWAR. Vous savez, c'est ce groupe qui a honteusement copié le logo du festival Motocultor et dont les mots Steel, Power et Blood couvrent à eux trois 95% des chansons du quatuor. Bah ouais, quand tu cherches à te remonter le moral, t'évites bien sûr SHINING, BURZUM ou BETHLEHEM, je vais même pas me faire chier à expliquer pourquoi. SCORPIONS, FOREIGNER ou "Nothing Else Matters" de METALLICA c'est super limite aussi, pour peu que ça te rappelle des jolis souvenirs ou que les guitares lancinantes brisent ton petit coeur, c'est la foire aux Kleenex assurée. J'ai déjà pleuré sur du METAL CHURCH et même sur du DEATH (mais j'étais bourré) à cause de paroles ou de riffs trop touchants, donc on va éviter aussi. Non, il faut quelque chose de plus costaud, de primaire et de radical. La solution : se tourner vers le groupe qui n'évoquera rien d'autre chez toi que des sentiments simples et fédérateurs, comme l'exacerbation de ta passion ou sa supériorité incontestable sur tes minables petit problèmes de simple mortel homosexuel qui pleure comme une petite tafiolle gay (du cul). "Louder Than Hell" est l'album tout indiqué. C'est écrit, dit et martelé : "Metal heals my Son" ! Pourtant ils étaient pas en forme, les MANOWAR, au débuts des nineties. "The Triumph Of Steel" sorti 3 ans plus tôt, faisait tout l'effet d'un gros pétard mouillé. Rétrospectivement, entre le génial "Kings Of Metal" de 1988 et ce Louder Than Hell", c'est comme si MANOWAR s'était caché entre deux belles voitures de courses pour chier tranquillou une toute petite crotte inoffensive sur un parking, à l'abri des regards indiscrets. Mais il y a prescription, c'est oublié maintenant, surtout quand on voit les bouses qu'ils nous servent en ce moment. Revoilà donc les bêtes noires des cons qui pensent trop, plus bruyants que l'enfer et résolus à foutre sa grosse raclée au monde entier. À la première écoute, ça semble sacrément bien parti : les trois premiers morceaux sont des tueries monumentales, à faire se lever tous les poils de ton corps comme un seul homme. Le même "effet danette" qu'avec les précédents opus des américains et qui augure du meilleur. Paroles simples et qui font mouche, riffs encore plus simples et surefficaces, refrains taillés dans le granit, c'est du petit lait pour le fan fier de sa musique. Comment ne pas adhérer à 666% quand Eric Adams hurle des idioties du genre de "If you like Metal you're my Friend" sur "Return Of The Warlords" (dont il existe une excellente reprise de АРИЯ, mes chouchous russes) ou ne pas faire les cornes sur un refrain comme "The Gods made Heavy Metal and it's never gonna die" (tiens bah je viens de le faire) ? Chut, tais toi, c'est impossible je t'ai dit. Surtout qu'Adams est toujours en grande forme, un vrai plaisir de l'écouter balancer ses screams suraigus. La guitare n'est pas en reste non plus même si, supérieur techniquement, Logan ne surpassera pas Ross The Boss quand il s'agit de faire passer des émotions. L'album est surtout carrément plus brutal et jusqu'au boutiste que le reste de la disco des américains. Les potards foutus sur "Heavy pleine balle", on est bien loin des futurs trips héroic-fantasy gniangnian avec des riffs en papier mâché qui font bander tout mou. La suite de l'album, passées les trois premières perles, navigue entre le très bon et l'honnête ("Number 1"), sans toutefois jamais passer du mauvais coté de la balance. Entre mid-tempos ravageurs et ballades convaincantes ("Courage"), entre longs instrumentaux majestueux ("Today Is A Good Day To Die") et speederies Heavy, MANOWAR confirme avec cette jolie brutasserie son statut de poids lourd du Metal. J'vais vous dire, c'est pas important de savoir si ils sont sérieux ou si ils déconnent, parce que ce qu'ils pensent au final, on s'en branle. Ce qui compte, c'est pas la forme, c'est le fond. Ils pourraient chanter sur les brocolis que ça serait pareil (bon, là, j'exagère p'têt un p'tit peu). L'important, c'est qu'ils y croiront à ce qu'ils chantent jusqu'à la mort et cette foi à toute épreuve, cette croyance aveugle est belle. Comme quand Bernie de TRUST chante et que tu sens que le mec met toutes ses tripes dans ses paroles. Les gars de MANOWAR ils osent le solo de moto tu vois, et ils en ont rien à branler que tu trouves ça ridicule. Les gars sont has-been depuis le début et continuent quand même parce qu'être has-been c'est se soucier de ce que pensent les autres et les autres, c'est de la merde. Les gars ils vivent le Metal comme tu vis même pas ta vie de tous les jours, le poing levé et le regard haut. Les gars ils posent leurs couilles sur la table sans même un bonjour avant et ça doit pas être évident pour entretenir une conversation sérieuse, mais on s'en fout. C'est le Metal, c'est la musique "de la surenchère et du paraître, de l'emphase et du Larger Than Life", pour citer un excellent commentaire lu sur un excellent webzine. Et ça fait putain de bien, des fois, de décrocher de tout et de vivre enfin sa musique pleinement, comme un gros con qui aura de toute façon toujours raison, quoi que les gens disent.


Album coup de coeur !

LINE UP :

Eric Adams : Chant
Karl Logan : Guitare
Joey DeMaio : Basse, Claviers quand y'en a
Scott Columbus : Batterie

TRACKLISTING :

1. Return Of The Warlord
2. Brothers Of Metal, Part 1
3. The Gods Made Heavy Metal
4. Courage
5. Number 1
6. Outlaw
7. King
8. Today Is A Good Day To Die
9. My Spirit Lives On
10. The Power

27 juin 2012

THY CATAFALQUE - Rengeteg (2011)

thycatafalque-1THY CATAFALQUE "Rengeteg" (2011)
Style : Gloubi-Boulga Metal
Nationalité : Hongrie

Pas de nouvelle chronique depuis belle-lurette sur Heavy Metal Is The Law et pour cause, j'étais comme la plupart d'entre vous au Hellfest, ma 6ème édition en ce qui me concerne. J'avais donc autre chose à foutre hein, tu m'excuseras. C'était bien vous ? Pour moi c'était super, sauf que j'suis tombé deux fois dans la boue, pis bien en plus, j'ai pas fait les choses à moitié. La première fois y'a un gars qu'a hurlé derrière moi "Normandy Epic Fail" et qui a lolé ensuite, l'enculé. La deuxième fois j'me suis même envoyé toute ma bière à la gueule. Retour de flamme, effet yoyo ou faux rebond, que sais-je, faudra que je demande à un pote calé en physique comment on peut bien appeler ce phénomène. Tout ce que je sais, c'est que j'ai perdu deux jetons et j'en ai même pas bu une gorgée. Comme je ressemblais à une pelle avec toute cette terre sur mes fringues, j'ai dû me résoudre à foutre ma vestapatch' à la machine en rentrant (délicat / 30° / lessive spéciale linge noir, au cas où t'aurais eu le même souci), ça m'a bien fait chier mais ça va, elle a tenu le coup, merci de demander. Sinon j'ai pas fait que ça hein, j'ai quand même découvert des groupes entre deux glissades. PENTAGRAM tout d'abord, qui m'a foutu une bonne pichenette derrière les étiquettes avec son pénétrant comme une balle Doom-Doom des familles. Y'a eu YEAR OF NO LIGHT aussi qu'était bien cool, j'avais pris une lampe-torche de peur de ne rien voir mais en fait ça allait (comprenne qui pourra). Et enfin, THY CATAFALQUE. Paye ton nom à coucher dehors ! Mais c'est normal, c'est des hongrois, ils ont le droit. Alors pas la peine de chercher fébrilement dans ton running order tout déchiré, t'as rien raté l'ami, c'est dans la voiture en direction du festival que j'ai écouté le disque. Ah mais si si, désolé mais ça compte. Comme vous étiez pas tous en bagnole avec moi, j'vais pas faire mon chien, on va parler un peu du bande. Du "Wonemanebande" devrais-je dire, Tamás Kátai de son petit nom est tout seul, ce qui inspire vache de respect quand t'entends le débit de décibels déballé. Les blagueurs de Season Of Mist ont collé un sticker sur le boitier au cas où l'on voudrait savoir comment ça sonne avant même d'écouter et faut avouer que les comparaisons sont pas concluantes. "ARCTURUS" tout d'abord, on oublie, ou alors mon trou de balle c'est du Renoir et on peut se permettre de noter "For Fans of SPIRAL ARCHITECT" sur les productions de SADISTIK EXEKUTION. "NEGURA BUNGET", mouais... rien à voir également, si ce n'est que les deux groupes viennent de pérpète-les-moulineaux, foutent des petits trililis au dessus des voyelles et misent beaucoup sur l'atmosphère, ça fait un peu lég' comme lien. "ARKONA" enfin, à part la dénomination Folk, c'est encore HS, pas de pouet pouet de fête du village et de flûte dans la chatte ici. Non, THY CATAFALQUE, c'est un mélange étonnant (et totalement inédit pour moi) de Grind/Death pachydermique, de Black racé et de subtiles notes Folk/Ambient. Je sens que je vais devoir encore parler "d'Avant-garde" et ça me casse déjà les couilles tellement ça ne veut plus rien dire. Alors je vois d'ici les messieurs perdre leurs monocles et les dames défaillir à la lecture du terme "Grind". Faut se rendre à l'évidence, avec des guitares aussi corpulentes et une caisse claire au temps de réverbération level 99, on est très loin des danses hongroises. Le son développé par notre ami Tamás(sé ma bite) est foutrement hallucinant. Lourd, imposant et débordant de toute part comme le décolleté de Sabrina Salerno dans le maillot de bain de Jane Birkin, il fait penser à BOLT THROWER ou à une sorte de FEAR FACTORY décomplexé quand il s'accompagne de touches électroniques (la seconde partie de "Vashegyek"). Du Grind, Tamás(turbé mon chien) garde aussi cette tendance à la surexploitation des mélodies, en rentabilisant de toutes les manières possibles des thèmes musicaux simples et qui deviennent du coup très vite entêtants ("Kö Koppan"). C'est la crise que veux-tu, on gaspille pas, le goulash comme les bonnes idées ! Empruntant au folklore d'Europe centrale comme aux sonorités orientales - évoquant au mieux les MYRATH ou autre ORPHANED LAND, au pire Bollywood comme sur "Trilobita" - THY CATAFALQUE surprend par son rendu cosmopolite et son ambiance embrumée. Emporté par les clameurs fières et les mélodies subtiles, l'auditeur ne voit pas passer l'heure et revient forcément enchanté de cette pittoresque balade dans les contrées d'Erzsébet Báthory (j'espère ne pas tomber de sitôt sur une autre production hongroise à chroniquer, parce que après la comtesse sanglante et la soupe au paprika j'ai plus beaucoup de références culturelles en stock). Presque complètement chanté en clair si l'on excepte quelques hurlements trafiqués, truffé d'effets sonores jamais envahissants et toujours à propos, "Rengeteg" est une sympathique tambouille locale audacieuse et atypique. Fermez les yeux, c'est les Carpathes, ses vampires et ses montagnes lugubres qui s'offrent à vous ! Comment ça, "ça c'est la Roumanie connard" ? Roooh on s'en branle, c'est la même chose ! Tour à tour doux ou franchement brutal ("Minden Test Fű") mais appelant toujours au voyage, voilà un album vraiment dépaysant et qui trouve là sa principale raison d'être.

LINE UP :

Tamás Kátai : Chant, Guitare, Basse, Claviers, Programmation

TRACKLISTING :

1. Fekete Mezők
2. Kel Keleti Szél
3. Trilobita
4. Kő Koppan
5. Vashegyek
6. Holdkomp
7. Kék Ingem Lobogó
8. Az Eső, Az Eső, Az Eső
9. Tar Gallyak Végül
10. Minden Test Fű

10 juin 2012

BURZUM - Filosofem (1996)

Burzum-1BURZUM "Filosofem" (1996)
Style : Black Metal à deuxième face réinscriptible
Nationalité : Norvège

Alors, le Metal, de droite où de gauche ? Bien malin celui qui saura répondre à cette question. Est-ce que c'est important après tout ? Pas du tout, c'est pour ça qu'on va en parler. Si je donne un rapide coup d'oeil à ma collec de CD (immense comme chacun le sait, une fois j'y ai même retrouvé un couple de cerfs perdus qui se sont enfuis dès que je les ai vu, je crois qu'une faune se développe dans ma discothèque), je dirais que c'est un tout petit peu plus de gauche que de droite, mais c'est pas flagrant flagrant. Bien sûr, si t'écoutes que du Black, ton avis sur la chose risque d'être différent. En effet, être de droite semble être un pré-requis pour jouer du Black Metal, ou même pour l'apprécier (comme être homosexuel d'ailleurs). C'est sûr que quand tu hurles dans un micro que tu voudrais voir la terre entière à feu et à sang et que l'homme est un cancer pour cette planète (ahah), ça fait un peu tâche de bosser à la C.A.F. ou de donner aux restos du coeur. Les Blackeux, c'est comme ça, c'est pas des drôles. C'est pour ça que nous, les vrais métalleux - qui écoutons tous les styles de Metal - on les laisse faire un peu ce qu'ils veulent dans leur coin, comme par exemple se maquiller ou se tuer entre eux. Personnellement, j'ai pas de souci avec les goûts ou l'orientation politique des gens : de droite ou de gauche, l'important c'est qu'on m'emmerde pas. Si tu veux tout savoir (j'en sais rien mais j'imagine que oui, le suspense doit être insoutenable), le gars peut être à l'extrême opposé de ce que je suis, être un gros con raciste (et c'est le cas de Varg Vikernes), rien à foutre. Comme je suis contre la peine de mort pour celui qui a tué, je suis pour la tolérance même envers les intolérants, ne serait-ce que pour donner l'exemple. L'avantage, c'est que du coup j'suis perché, personne peut me toucher et j'peux écouter BURZUM peinard sans développer un cancer de l'anus à force de réfléchir à des tas de cas de conscience super chiants. Tant mieux, parce que cette philosophie m'a permis de découvrir des albums comme "Det Som Engang Var", un album emblématique et singulier, indispensable pour celui qui souhaiterait connaître par coeur l'histoire du Metal. Faut dire que la musique de Varg a toujours juré un peu avec le paysage musical norvégien de l'époque, et les choses ont continué de se gâter avec ce "Filosofem". Il y a quasiment autant de riffs que de titres sur ce disque : c'est sympa, tu peux apprendre toutes les chansons de BURZUM à la gratte en 30 minutes. Trames musicales simples et répétées jusqu'à l'usure, rythmes hypnotiques et souvent lents (si l'on excepte "Jesus Tod", à la double pédale constante et plus que bienvenue), tout ça fait un peu tâche dans un monde ou aller très vite et dans tous les sens est une "Way of Life". S'il y a en revanche une facette de l'album qui ne contredira pas les lois immuables de l'art noir, c'est bien le son, du moins en apparence. Guitares ultrasaturées et voix méconnaissable, on pourrait ré-encoder "Filosofem" avec la bande passante d'un téléphone que le résultat serait le même. Tout ça a le goût de l'underground bien cracra et rassure vite le fan de Black, souvent peu enclin au changement. Pourtant, les choses ont évolué depuis "Det Som Engang Var" et "Hvis Lyset Tar Oss". Le son n'est plus brut ni dépouillé, il est maintenant trafiqué à l'extrême et dénaturé avec beaucoup de soin. Il ne reste plus grand chose de l'organe si terrifiant et si cru de Varg. Seuls subsistent des rugissements corrompus, altérés, et la peur qu'inspiraient ses hurlements a disparu. Je sais, je chipote. Ce manque d'humanité supplémentaire chez un groupe n'inspirant déjà pas l'amour et la fraternité entre les peuples ne gâche pas trop la fête. Les trois premiers titres s'en sortent très bien dans le genre "Black Ambiant", avec bien sûr l'inénarrable "Dunkelheit" en tête de peloton, talonné de près par les... pardon, le riff jouissif de "Jesus Tod". Quand on sait que "Dunkelheit" est un des premiers morceaux composés par Vikernes, on hallucine un peu sur la similitude entre ce titre et l'évolution future de la musique de BURZUM ! Comme pour MANOWAR (attends, attends, y'a un lien, tu vas voir), la magie opère très vite. Tout occupé qu'on est à dandiner de la tête en se laissant bercer par des riffs de trois notes répétés en boucle, on se demande comment autant de fureur et de talent peut se dégager de si peu. Et puis... les choses changent quand arrive le grand moment du disque, ou plutôt le LONG moment devrais-je dire, "Rundgang Um Die Transzendentale Säule Der Singularität". Varg a semble t-il fait une subite crise de narcolepsie pile au début d'une interlude musicale qui n'aurait dû durer que... arf, deux minutes grand max ? Généralement, il fatigue et s'arrête de lui même passé les huit minutes, mais là, pas de bol, il en a apparemment décidé autrement et pour notre plus grand bonheur. Félicitations, faut dire que c'est une performance de jouer ça sans taper une dépression nerveuse avant la fin. Je vous livre mes impressions "en direct live", vous aurez de toute façon les mêmes réactions en l'écoutant :
2 minutes : OK c'est sympa, mais ça pète quand au juste ?
5 minutes : Bien... bien bien bien... voilà voilà...
8 minutes : Euh mais c'est toujours la même chose en fait, ou ça change à un moment ?
11 minutes et 24 secondes : Enfin, LE bouleversement tant attendu ! Non, je rigole en fait, c'est toujours la même chose. Déçu hein ?
14 minutes : Hmmm, hého ? Y'a quelqu'un ?
18 minutes : Tou dou dou... tou dou dou...
21 minutes : "...et alors là, je lui ai dit "c'est comme ton cul !" et on était tous pliés de rire ! Ah mais non mais tu penses bien que... euh, attend une seconde s'il te plait, je te reprends après" Oui, c'est pour quoi ? Le morceau ? Quel morcAH LE MORCEAU ! Oui, oui oui, de BURZUM c'est ça ? Ah mais il tourne, il tourne, écoute !
25 minutes et 11 secondes : Tiens, c'est fini ? Ça s'est arrété ? Pourquoi ?
Pourquoi ? J'veux dire, sur la partoche était très exactement indiqué "Play 302 times" ? (j'ai pas compté hein, c'est une estimation à la calculatrice) Pourquoi pas faire durer ça 40 minutes alors, ou 3 jours tant qu'on y est ? POURQUOI 25 PUTAIN DE MINUTES SI IL SE PASSE DE TOUTE FACON RIEN DU TOUT DE PEAU DE ZOB APRES 30 SECONDES ?!?!?! N'importe qui qui oserait faire ça se ferait jeter des pierres à la gueule. Mais nan, c'est BURZUM vois-tu, donc ça passe. J'applaudis des deux mains les centaines d'utilisateurs de youtube qui pensent sincèrement avoir affaire là au meilleur album Black de tous les temps quand la moitié de la galette est remplie de vent. Une moitié de disque qui ne sert à rien, c'est un beau gâchis quand on voit la qualité développée sur les premiers titres. Que dire de plus ? Varg touche autant au génie qu'il peut se foutre de notre gueule. L'amateur de BURZUM, une fois la première face de "Filosofem" écoutée (Gebrechlichkeit I & II ne valent pas tripette non plus), trouvera plus facilement de quoi rassasier sa soif de Black haineux et atmosphérique avec les précédents opus du groupe.

LINE UP :

Varg Vikernes : Tous les instruments, Chant

TRACKLISTING :

1. Dunkelheit
2. Jesus Tod
3. Erblicket Die Töchter Des Firmaments
4. Gebrechlichkeit I
5. Rundgang Um Die Transzendentale Säule Der Singularität
6. Gebrechlichkeit II

Posté par Nico-Larsen à 17:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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07 juin 2012

DRAWERS / HANGMAN'S CHAIR - Split (2012)

split-2DRAWERS / HANGMAN'S CHAIR "Split" (2012)
Style : Stoner / Sludge Metal - Stoner / Doom Metal
Nationalité : France

Nan mais t'as vu la classe de l'image sur le coté gauche ? Trop "swag" n'est-ce pas ? C'est moi qui l'ai fait ! Tout seul, comme un grand, sur Paint, un logiciel pro de graphisme (tu connais pas). Pas mal hein ? Ça m'a à peine pris 2h30. Bah ouais, j'voulais pas faire de jaloux en mettant soit la face DRAWERS soit la face HANGMAN'S CHAIR, alors j'ai fait un p'tit mix maison, avec une barre diagonale qui part de manière oblique pour couper en travers les deux pochettes de biais, comme ça y'a pas de groupe lésé. Si tu la télécharges surtout tu dis que c'est de moi. Du coup on voit que dalle de la tête de caribou de DRAWERS et on comprend rien à l'image de HANGMAN'S CHAIR, mais j'ai réussi à sauver les nichons de la dame (en haut à droite). On voit aussi sa culotte. J'avais aussi eu l'idée de faire une animation en .gif qui montrerait tour à tour les deux pochettes se succédant l'une et l'autre de manière alternative, mais ça me faisait chier et j'ai pas le logiciel. Bon, c'est bien gentil tout ça mais si tu le permets on va p'têt arrêter de déblatérer sur un .jpg à la con et on va p'têt chroniquer l'album, hm ? Bien. Voici donc la toute toute première sortie - comme dirait Jeanne Mas - de Mood Disorder, un tout nouveau label pas pantouflard puisqu'il est charentais. Quand il sera grand, le petit Disorder se destine au gavage d'oreilles à l'ancienne avec du gros son bien gras, ce qui fait la fierté de ses parents. Preuve que le petit est bien parti, voilà sa première copie, un split vinyle rouge de toute beauté, au design classe et épuré. La tête de lecture à peine engagée dans les sillons, c'est DRAWERS qui se charge de te labourer les siphons (sauf si tu t'es gourré de face). Guitares aux graisses saturées et gosier qui fait des bulles, les toulousains officient dans un Stoner / Sludge surboosté qui me rappelle les américains de CROWBAR. Franchement, heureusement que je connais CROWBAR, sinon j'aurais bien été embêté. Première remarque, immédiate : le son est maouss costaud. Ample et dégoulinant comme une chemise triple XL dans le panier à linge sale d'un bûcheron, il coupe le souffle et en dit long sur le professionalisme du groupe. Rassurez vous, pas de mur de son cache-misère ici, le reste est à l'avenant. Un batteur qui en impose sans s'imposer, un son de basse à te déchausser les dents, des six-cordes aventureuses et comme bercées par le groove ambiant, le fermage d'yeux et le hochage de tête ne sont pas loin. Et puis il y a cette voix qui colle tellement bien, une voix brutale mais qui sait aussi se faire mélodique et pleine d'émotion, et tout ça en même temps ! Ça m'a fait un peu penser au travail de Devin Townsend sur le "City" de SYL, ah bah oui je sais, c'est pas de la comparaison de tarlouze. Si t'en veux une autre, à 3'04'', c'est carrément les bons moments d'un certain "Sabbath Bloody Sabbath" de DEVINE QUI qui remonte à la surface, tel une poche de gaz dans un vieux marécage. Comme quoi on peut faire un morceau de près de six minutes, bien lourd et bien lent, sans jamais être chiant. Transition toute trouvée pour passer au groupe suivant, on sent que HANGMAN'S CHAIR a aussi bouffé du BLACK SABBATH dans sa jeunesse ! Potards toujours au max, les gars n'ont pas à rougir des watts crachés par leur voisin de skeud. Les tempos sont plus lents, la voix chantée, c'est du coté de CANDLEMASS et de son Doom mystique qu'il va falloir chercher les influences de la formation francilienne. Je trouve un petit coté CORROSION OF CONFORMITY dans ces guitares suinfflantes (suintantes et sifflantes, franchement fais un effort, c'est nul si je dois expliquer à chaque fois), on va commencer à croire que je touche une commision sur les ventes du split mais c'est ainsi. Les musiciens sont un peu plus en retrait, comme en soutien derrière le chant. Si il transpire de ce morceau un étonnant plaisir de jouer, c'est le vocaliste qui éclaire le tout de son timbre grave et magnétique. Ici aussi, l'alliance d'un son à découenner le jambon et d'une voix prenant aux tripes s'avère être la formule gagnante. De ce mélange Stoner / Doom qui donne envie de fumer des joints, il sort une musique poignante, putain d'agréable et... pas du tout larmoyante, fallait le faire vu le style pratiqué. Voilà donc un EP de grande qualité, qui atteint pleinement son objectif : donner envie de persévérer dans la découverte de deux excellents groupes. Si t'as pas 8€ à sortir, les deux morceaux sont en écoute sur la page Bandcamp du label, mais je ne vous la conseille pas car les deux pochettes sont coupées de haut en bas et de manière verticale, c'est à l'évidence pas un très bon choix esthétique. Je rappelle (quoi ? je l'ai pas dit ? ah oui tiens) que ce 7 pouces est limité... alors en plus de découvrir deux futures valeurs sûres, ta collec prend aussi de la valeur ! C'est aussi le premier bébé d'un label qui a eu pas mal d'emmerdes pour le sortir (forceps et tout, j'te raconte pas, une boucherie), alors on a bien besoin de votre argent pour payer au gérant de Mood Disorder le bon massage aux huiles essentielles qu'il mérite, histoire de se détendre un peu et de bien se refaire le périnée. Et quand le disque vaudra 250€ sur Ebay et que personne ne l'aura sauf toi, tu remercieras qui, hm ?

LINE UP :

DRAWERS :
Jérémie Ruiz : Basse
Olivier Lolmède : Batterie
Alexandre Berenguer : Guitare
Laurent Bringer : Guitare
Niko Bastide : Chant
HANGMAN'S CHAIR :
Clément Hanvic : Basse
Mehdi Birouk Thépegnier : Batterie
Julien Rour Chanut : Guitare
Cédric Toufouti : Chant

TRACKLISTING :

Face DRAWERS :
1. Tears Never Come Alone
Face HANGMAN'S CHAIR :
1. I Am The Problem


05 juin 2012

CRADLE OF FILTH - Dusk... And Her Embrace (1996)

cradleoffilth-1CRADLE OF FILTH "Dusk... And Her Embrace" (1996)
Style : Black Metal vendeur BOUUUUUUUUH
Nationalité: U.K.

A l'heure où les jeunes ne connaissent CRADLE OF FILTH que par des prestations scéniques inaudibles (une fois j'ai mis une minute trente pour reconnaitre mon morceau préféré - véridique - j'ai tenté de mettre fin à mes jours juste après) ou par le chiant comme la mort "Darkly, Darkly Venus Aversa", je pense qu'il est grand temps de remettre les pendules sur les i. Oui, toi, le jeune foufou qui pense que "Midian" est le meilleur album du groupe, c'est à toi que je parle. Toi, l'espèce d'enc...
Soudain, sur mon épaule, un petit ange apparait, entouré d'un halo de lumière, en tout point semblable à votre serviteur avec des cheveux longs, un t-shirt STRYPER et l'absence évidente d'une ceinture abdominale solide :
- "Larsen, calme toi... souviens toi de ta chronique de DEATH, c'est pas en menaçant les gens qu'ils vont avoir envie d'écouter "Dusk", il faut que tu ruses !"
De l'autre coté, c'est au tour d'un petit démon de débouler dans un nuage de fumée noire, cannette de Belzebuth 13° à la main, en string MANOWAR et avec encore et toujours la même tronche familière...
- "Tu les emmerdes ! Ils ont qu'à écouter de la bonne zik, t'es pas là pour faire la charité !"
L'ange, de nouveau :
- "Souviens toi, tout le monde avait dit : "Oui euh (Vous aviez remarqué ? Quand on cite quelqu'un, ça rate jamais, immanquablement on commence par un "Oui euh"), tu décris pas assez la musique, tu fais qu'affirmer sans argumenter, t'es un enfoiré blabla"... tu veux que ça recommence ?"
Le divin et le malin disparaissent, me laissant seul avec ma rage contenue. Oui euh, bon. C'est pas simple de parler de ses albums préférés. Comment je peux expliquer les frissons qui me parcourent le corps à l'écoute de certains albums ? En 1996, j'avais 13 ans au compteur (y'a d'ailleurs encore les marques des sangles de mon cartable sur mon t-shirt du groupe) et CRADLE c'était la musique que je voulais entendre avant même de savoir que ça existait. J'ai tellement écouté "Dusk... And Her Embrace" que l'on jurerait que j'ai utilisé le CD pour caler une armoire ou pour ramasser du gravier. J'avais même un "classeur COF" où je rangeais des brochures découpées dans les magazines, la honte. Qu'on le veuille ou non, la sortie de ce troisième album (si l'on compte "Vempire..." qui est un EP) a été vécue comme un véritable raz-de-marée au sein de la sphère Metal. On peut le dire : quand les anglais ont débarqué, ça a saigné. Esthétique soignée, look de vampires et mélodies étudiées, le Metal extrême à la Dani's touch avait de quoi surprendre, intéresser et... plaire. Plaire ! Ô mon dieu ce qu'il ne fallait pas faire pour déclencher la fureur de tous les trous beumeux de la galaxie ! Euronymous se retourna dans sa tombe, EMPEROR vit ses ventes de Merch' baisser au profit des suceurs de sang peinturlurés et les mecs d'ENTHRONED tentèrent tant bien que mal de justifier leurs ventes moins reluisantes en expliquant que le Black Metal c'était pas fait pour draguer les meufs sur des claviers et qu'ils préféraient les sodomiser en écoutant VENOM. Si CRADLE OF FILTH a permis à toute une scène de pouvoir prétendre à une relative reconnaissance commerciale, c'est grâce à un subtil dosage plutôt qu'à un gros coup de chatte. Mélangez un Black symphonique entrainant, avec des mélodies et des lignes de gratte piquées au Heavy d'IRON MAIDEN, histoire de donner à la base musicale un lyrisme captivant ; construisez vos morceaux comme des contes tordus où le petit poucet ne sort jamais de la forêt, où Gretel affamée fini par becqueter les restes de son frère dans l'assiette de la sorcière et où le petit chaperon rouge est finalement retrouvée violée à mort, des touffes de poil de loup plein les orifices, pour insuffler terreur et émerveillement à chaque seconde ; instaurez un climat cauchemardesque (ou grandguignolesque, ça dépend des dispositions) avec la compilation "500 bruitages rigolos : prouts, klaxons et rots" dispo sur le site de Patrick Sébastien, en foutant tous les sons d'animaux nocturnes possibles ; faites péter la chanteuse gothique de rigueur, un peu MAIS PAS TROP - c'est important - que ça fasse sexy mais pas mielleux (des apparitions à des moments clés donneront à vos compositions un impact supplémentaire et nourriront l'imaginaire) ; enfin, des excursions Thrash fulgurantes et des parties de blast beat à changer le lait de tes céréales en beurre rappeleront à tout le monde que même si tu joues du clavecin, tu fais pas dans la musique de chambre. Avec tous ces éléments réunis, c'est logiquement que vous obtiendrez une des pierres angulaires d'un style qui n'attendait que ça pour exploser. Petit détail qui a son importance, les anglais avaient également un sens aigu du visuel : l'utilisation d'un artwork très travaillé et collant parfaitement à la musique (sans précédent dans le monde de l'extrême) a sûrement aidé la bande à se faire une petite place au soleil et dans le coeur des métalleux. Attention, un bon concept ne fait pas tout, c'est aussi grâce à ses musicos que le berceau de l'immondice a su percer la couche solide de la fange Black comme un coup de cuillère sur une crême brulée. Impossible de ne pas évoquer Dani Filth, ce nain braillard qui, selon les goûts, exaspère ou obnubile mais ne laisse sûrement pas indifférent, ainsi que Nicholas Barker, massacreur de fûts qui lui, en revanche, met tout le monde d'accord dès le premier roulement de toms (on m'a dit une fois que Dani n'avait pas une si grande tessiture que ça et utilisait un octaver pour aller dans les graves mais j'en sais pas plus parce que j'ai préféré me boucher les oreilles et crier très fort). Pour résumer cette chronique déjà trop longue comme ma bite, il se dégage de "Dusk... And Her Embrace" une atmosphère fantasmagorique, si délicieusement nécromantique, qu'on en devient très vite accro. Voilà un disque qui a réussi à faire basculer pas mal de hardos du coté sombre de la musique par sa beauté attrayante comme le chant des sirènes mais dont la production sent encore assez le souffre pour attirer également les plus intégristes d'entre vous. Allez, tous avec moi : Supreme... Vampiric... Evil !


Album coup de coeur !

LINE UP :

Nicholas Barker : Batterie
Damien Gregori : Claviers
Robin Graves : Basse
Gian Pyres : Guitare
Stuart Anstis : Guitare
Dani Filth : Chant

TRACKLISTING :

1. Humana Inspired To Nightmare
2. Heaven Torn Asunder
3. Funeral In Carpathia
4. A Gothic Romance (Red Roses For The Devil's Whore)
5. Malice Through The Looking Glass
6. Dusk And Her Embrace
7. The Graveyard By Moonlight
8. Beauty Slept In Sodom
9. Haunted Shores

01 juin 2012

ÖXXÖ XÖÖX - Rëvëurt (2011)

oxxoxoox-1 ÖXXÖ XÖÖX "Rëvëurt" (2011)
Style : Avant-garde / Electro - Dööm Metal et des tas d'autres styles que si je cite tout ça va ressembler au catalogue Holy Records
Nationalité : France

La première fois que l'on m'a demandé si j'avais du ÖXXÖ XÖÖX chez moi, j'ai répondu que non j'en avais pas, mais que j'avais déjà des étagères BENNO et un cadre de lit OPPDAL. Pas de bol, ÖXXÖ XÖÖX c'est un groupe, français de surcroit, pas du tout un meuble IKEA et j'suis accessoirement passé pour un con. Tous les noms possibles ont été pris pour avoir choisi ce blaze digne d'une partie de morpion ? Du coup, kit à passer pour un con (meuble, kit, t'as compris ? Nan mais ahahah quoi), j'ai commandé sur le Bandcamp du groupe le premier disque de la jeune formation, histoire de me culturer un p'tit peu. "Rëvëurt", comme le magnifique "Cybion" de KALISIA, est chanté dans une langue montée de toutes pièces (ahahah), faudra donc pas s'étonner si on pige pas tout. Dans cette langue "inventée", ÖXXÖ XÖÖX désignerait un 69. Je soupçonne les membres d'être surtout des gros geeks, 6 et 9 en langage binaire donnent O11O 1OO1, mais passons. Pas de photos de 69 dans le livret (grosse déception) mais un artwork éthéré et original, très prometteur quant aux qualités artistiques des protagonistes.  A peine le bouton "play" enfoncé, une étonnante impression d'étreinte musicale t'envahit, comme si le son particulièrement ample du groupe t'avalait tout entier. Le chant déclamé, plaintif et pénétrant, tel un mix parfait entre les sanglots de MISANTHROPE et le timbre grave de TYPE O NEGATIVE (Bah oui, qu'est-ce que tu veux, c'est des références de métalleux), te plonge dans une autre dimension. Cette douce sensation, je la connais... ces voix fantomatiques, ces touches psychélectro... Oui, c'est la même qui m'avait submergé à l'écoute du "Blood Inside" d'ULVER ! En disant ça, je dois en faire éjaculer pas mal dans les chaumières mais c'est un fait, la similitude avec le joyau du géant norvégien est frappante. Blindé d'ambiances tour à tour pesantes ou aériennes et de compositions à tiroirs (ahahah, euh bon OK j'arrête avec les blagues sur le mobilier), le disque impressionne par son envergure et sa qualité. Qui peut se targuer d'avoir réussi à instaurer une atmosphère aussi prenante dès le premier essai ? Plus d'autres possibilités pour l'auditeur happé que de vivre pleinement l'aventure "Rëvëurt", dans sa globalité, en essayant tant bien que mal de se raccrocher au moindre son vaguement familier. Sauf que rien n'est familier ici, que toutes les pistes se ressemblent jusqu'à former un tout compact et que tout est fait pour te faire perdre pied ! Un coup d'oeil au line-up d'ÖXXÖ XÖÖX suffit pour comprendre que l'influence des travaux apocalyptiques - y'a pas d'autres mots - d'IGORRR ne doit pas être loin. Hurlements de déments, nappes de violons enveloppantes, choeurs sépulcrales (sépulcraux ? c'est comme un chacal des chacaux ou pas ?) et boite à rythme versatile, c'est comme si tout une région vierge se tenait devant moi, grand ouverte, attendant d'être explorée. La salope. La question maintenant pour les 1000 euros, c'est : qu'est-ce que c'est que ce truc ? Y'a du Black, du Goth, du Prog (l'archétype couplet-refrain étant totalement absent ici et les titres suivant tous une certaine progession, je me permets) du Doom, de l'Electro... J'ai demandé ce qu'il en pensait à Michel Fugain, il m'a répondu "Je ne sais pas, je ne sais plus, je suis perdu". Moi c'est pareil. Alors on dira juste que "Rëvëurt" est passionnant, et ça suffira largement.

LINE UP :

Laurent Lunoir : Tout, Chant
Igorrr : Programmation & Travail de studio
Laure Le Prunenec : Chant, Piano

TRACKLISTING :

1. Ägörth
2. Tërëä
3. Ämä
4. Ctënöphörä
5. Yüm
6. Nöc säë
7. Lïnï
8. Dör
9. Sülï

 

28 mai 2012

VEKTOR - Outer Isolation (2011)

vektor-1VEKTOR "Outer Isolation" (2011)
Style : Thrash Metal de jeunes cons
Nationalité : U.S.A.

Le Revival Thrash, ça m'énerve. C'est pas le "concept" qui me casse les couilles. Après tout, si des p'tits jeunes veulent suer sur du riff saccadé et de la double pédale, en essayant tant bien que mal de faire perdurer le son des gloires passées, moi j'dis "pourquoi pas". Nan, moi ce qui m'énerve et me rend tout chafouin, ce sont les logos. Putain les gars, qu'est-ce que c'est que ces logos tout merdiques ? C'est souvent la toute première chose que l'on voit du groupe, autant que ça claque un peu dans les mirettes ! Que ça soit VIOLATOR, SKULLFIST, WARPATH ou encore HAVOK (le pire de tous, sûrement dessiné par un gamin de 4 ans juste après sa sieste, là où il est le plus grognon et qu'il fait exprès de déborder partout), on jurerait qu'ils se sont tous lancés dans un grand concours de foutage de gueule, se battant à qui nous sortira le pire étron graphique possible. Si ma réflexion à priori superficielle peut vous faire au mieux sourire, il y a un problème sous-jacent plus grave. Qu'est ce que l'on essaye de nous dire au travers de ces gribouillis à chier partout ? Ces groupes souhaitent nous ramener de plain-pied dans les années 80, quand le Thrash faisait la loi sur la planète Metal. Ce que nos gugusses en vestapatch' ont donc retenu de cette époque bénie des dieux, c'est que les groupes de Thrash avaient des logos ridicules. Bravo pour l'hommage ! Souvent moins chiadés que ceux des groupes de Death ou de Black, les logos des groupes de Thrash de la grande période (83 - 90, à une vache près) n'avaient rien de ridicule ou de foncièrement moche et tiens, HAVOK ils peuvent aller se faire enculer pour que je foute un de leur patch sur ma veste entre FORBIDDEN et OVERKILL, ça leur apprendra. Au moins avec VEKTOR, même s'ils pompent allégrement sur VOIVOD, on a déjà un visuel respectueux du public et on peut porter le t-shirt en festoche sans se foutre la honte tout seul. Bon, je vous rassure, c'est pas la seule chose qui change. Contrairement à la majorité des groupes de cette nouvelle scène qui singent les principaux groupes ricains (je fais une généralité hein, WARBRINGER par exemple vise la cheville - et pourquoi pas le genou, soyons fous - de KREATOR), VEKTOR a axé sa ligne créatrice vers d'autres pointures, localisées hors du territoire US. Attendez vous donc à visiter du pays, à savoir le Canada, la Suisse ou encore l'Allemagne avec un deuxième longue-durée fleurant bon les travaux de CORONER, DESTRUCTION et ANNIHILATOR, soit un Thrash "en marge" et bien méchant. Pour les retardataires, VEKTOR avait épaté la gallerie en 2009 avec un premier album bien foufou, plein comme un touriste anglais sur le port de Cherbourg de riffs à ressorts, à tiroirs et à tout ce que tu veux. Toujours accompagnée par un vocaliste horripilant, sorte de progéniture issue d'une bonne partie de baise entre Dani Filth et Schmier de DESTRUCTION (j'ai aussi pensé aux hurlements dignes d'une Scream Queen dans un film gore de Mark Osegueda de DEATH ANGEL), la musique épileptique et quasiment expérimentale des américains reste agressive, technique, mélodique et dérangeante à la fois. Avec des compos au son brut de décoffrage et comme débarrassé de toute fioriture, le jeune combo d'Arizona va se faire une joie de nous déménager les pavillons vitesse grand V. Morceaux longs et déstructurés, cris ultrasoniques (je soupçonne David Disanto d'être en fait une chauve-souris égarée qui essaye juste de se repérer dans l'espace, tout le monde se fait avoir mais je suis pas dupe), arpèges dissonantes qui foutent les jetons et tempos lents non grata, VEKTOR résume le style, explose les critères et pousse la notion de Thrash dans ses derniers retranchements. Si le programme fait saliver et les premières écoutes sont enthousiasmantes, j'ai quand même un je-ne-sais-quoi qui pue un peu dans les narines. Je sais pas si c'est la vieillesse qui pointe le bout de son nez ou quoi, je m'en veux même d'être si dur mais c'est ainsi : tout ça ne me fait pas ressentir grand chose et sent un peu la branlette intellectuelle. Bien sûr, il y a d'excellents breaks mélo sur "Telestructural Minds", et j'étais pas loin d'avoir une demi-molle mentale sur le morceau éponyme dont la structure est très (mieux ?) travaillée, mais tout ça ne suffit pas à rendre un album inoubliable. Le pire, c'est que le groupe se met parfois des bâtons dans les trous tout seul, en nous sortant des titres bien trop longs pour du Thrash ("Cosmic Cortex" dure plus de 10 minutes !) ou en zappant de faire varier les tempos, donnant une impression bizarre de martèlement épuisant ("Cosmic Cortex" encore une fois). Enfin, et conséquence logique quand on joue autant avec l'architecture de ses compositions, une grosse sensation de bordel sonore nous envahit dès que la concentration baisse et n'aide pas à l'appropriation du disque. La frontière est mince entre progression musicale parfaite et construction "lego" dépareillée et VEKTOR finit par se perdre un peu en chemin en voulant impressionner l'auditoire. Résultats des courses, de très bons moments disséminés un peu partout mais un manque de cohésion, de profondeur dans l'oeuvre et au final la même petite déception que j'avais également ressenti avec WARBRINGER. Bon, bah j'm'en vais réécouter mes vieux vinyles moi...

LINE UP :

David Disanto : Chant, Guitare
Erik Nelson : Guitare
Blake Anderson : Batterie
Frank Chin : Basse

TRACKLISTING :

1. Cosmic Cortex
2. Echoless Chamber
3. Dying World
4. Tetrastructural Minds
5. Venus Project
6. Dark Creations, Dead Creators
7. Fast Paced Society
8. Outer Isolation

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17 mai 2012

DEATH - Symbolic (1995)

death-1DEATH - Symbolic (1995)
Style : L'Alpha et l'Oméga du Death Metal
Nationalité : U.S.A.

Il y a quelques jours, mon daron a organisé une fiesta pour son départ en retraite et c'est moi qui ai eu en charge de composer une partie de la playlist jouée ce soir là. J'ai tout naturellement hérité du thème "zik qui bouge" pour la seconde partie de soirée, étant donné que pour moi, la musique "faut qu'cha craque ou ben qu'cha pète", comme dirait RENAUD sur son "Cante El' Nord" (oui, j'ai des supers références de ouf guedin). C'est mon super beauf qu'est tombé sur la partie "zik chiante et molle de la bite pour manger peinard", ça lui apprendra à mieux jouer de la guitare que moi. Les chiens ne font pas des chats, le padré est un fan de vieux Hard et entre les ABBA et BONEY M de circonstance étaient glissés les morceaux les plus "acceptables" de AC/DC, DEEP PURPLE, SCORPIONS ou METALLICA. Soyons clairs, ici : morceaux acceptables = morceaux pas trop violents pour convenir à une horde de chochottes incultes avec des oreilles en papier crépon. Oui, ami lecteur, je suis colère. Non content de snober la plupart de mes titres sur la piste de danse avec des excuses minables (je suis désolé mais si, on peut très bien danser sur "Creeping Death"), y'a un des invités qui a même osé dire que "Youth Gone Wild" de SKID ROW c'était du "rock déjà vu et sans intérêt". L'hallu. Je précise juste que si je ne lui avais pas aimablement donné le nom du groupe, le pauvre hésiterait encore sûrement entre NIRVANA et U2. L'énervement - légitime - passé, je me suis senti d'un coup tout tristounet. Est-ce qu'en voulant partager avec autrui ma passion, je ne fais pas juste que pisser contre le vent, mouchetant lamentablement mon jean en cherchant à arroser les gens ? Tout ça m'a ramené au collège où, la mine déconfite, je voyais dans le regard de mes camarades que ce fantastique solo partagé via un des écouteurs de mon walkman Sony et qui me bouleversait au plus profond de mon âme ne provoquait rien chez eux. Pourtant, ils arrivaient bien à trouver quelque chose d'intéressant chez BIG SOUL ou OASIS, alors merde quoi ! Ce solo, c'est toute ma vie, résumée en une minute et vingt-quatre secondes, c'est bien sûr celui de "Without Judgement" (je dis bien sûr parce que si tu n'as pas déjà écouté ce morceau 10 000 fois, permets moi de te dire que je te chie à la gueule, non non mais on se doit d'être ferme parfois) dont l'alignement des notes peut expliquer à lui seul le chiffre d'or, l'alignement des pyramides égyptiennes et l'énigme du C dans le logo de Carrefour. "Symbolic" est l'apogée de la discographie exemplaire de DEATH, soit le meilleur album du plus grand groupe de Metal de tous le multivers, rien que ça. Tu ne me crois pas ? Regardons dans le dictionnaire ! Hmmm alors voyons voir... Machouiller, Malaxer, Menstruation... ah, voilà : "Metal (n. masc.) déf 1. (musique) voir "Symbolic" de DEATH. Contraire : "St. Anger". déf 2. (métallurgie) truc dur pour faire d'autre trucs plus durs encore". Je pense que tout est dit, j'ai même pas envie de finir cette chronique tellement c'est putain d'évident. Pour faire vite, on dira que le disque dépasse d'une tête les "Human" et "Indvidual Thought Patterns" précédents, tous deux excellents mais aux productions trop brouillonnes, et est nettement plus concis que "The Sound Of Perseverance" qui sortira trois ans plus tard. C'est Chuck qui a entièrement composé l'album et qui a d'ailleurs programmé une boite à rythme sur les premières maquettes avant de proposer à Gene Hoglan de s'occuper des fûts, ce qui explique la complexitude effarante des parties de batterie (Gene ayant repris quasiment à l'identique les monstrueux breaks que Chuck voulait !). Même si l'album est très technique, les riffs sont généralement simples, mais sont si captivants et si bien présentés que le résultat est sans appel. Les soli, le gros point fort de Chuck, sont aériens et cristallins comme le pet d'un ange. Certains parlent de Techno Thrash, voire de progressif (cette putain de manie d'appeler tout et n'importe quoi "Prog" dès que ça devient plus technique, je vous jure...) mais ne vous y fiez pas. Comme dirait le professeur Choron, "c'est pas parce qu'il y a écrit bénedictine sur les chiottes que c'en est" ! C'est bien de Death Metal dont il s'agit ici, mais dans son évolution la plus majestueuse et aboutie. Les mots me manquent pour décrire cette merveille, façonnée par un des plus grands génies qu'a compté dans ses rangs notre musique préférée. L'outro apocalyptique de "Symbolic", le phrasé d'un "Zero Tolerance", l'intro de "Empty Words", les roulements de batterie de "Crystal Mountain", les expérimentations de "Perennial Quest", ces riffs si évidents, cette voix si marquante, cette guitare si parfaite... Assez de parlotte, tu vois bien que la musique de DEATH parle d'elle même !

 
Album coup de coeur ! (FOIS UN MILLION)

LINE UP :

Chuck Schuldiner : Guitare, Chant, Dieu vivant (mais mort)
Gene Hoglan : Batterie
Kelly Conlon : Basse
Bobby Koelble : Guitare

TRACKLSTING :

1. Symbolic
2. Zero Tolerance
3. Empty Words
4. Sacred Serenity
5. 1,000 Eyes
6. Without Judgement
7. Crystal Mountain
8. Misanthrope
9. Perennial Quest

11 mai 2012

STEEL PANTHER - Balls Out (2011)

steelpanther-1STEEL PANTHER "Balls Out" (2011)
Style : Hard Rock poétique
Nationalité : U.S.A.

Même si j'ai la chance d'avoir quelques lecteurs réguliers sur Heavy Metal Is The Law (2 - 3 comme ça en passant, souvent pour savoir où sont les putes à Alençon), il était grand temps de sortir le "p'tit truc en plus", la bonne fourberie publicitaire pour faire péter les high-scores des compteurs et ainsi m'attirer moults commentaires élogieux, chèques à mon nom et pass V.I.P. gratos pour le Hellfest. Et quoi de plus vendeur que le cul (à part les nichons) ? La preuve, c'est que même moi qui ait pourtant des relations sexuelles nombreuses zé zépanouies, je me suis fait avoir une fois par les gars d'ATROCITY en achetant leur coffret double CD + Poster + vaginette 3 vitesses de "Werk 80 II" avec la sculpturale Dita Von Teese dans le rôle de l'appât, c'est dire si c'est diablement efficace. Je vais donc moi aussi sacrifier à la tradition pour vous offrir, à la demande générale de mon public et de mes actionnaires, un pur moment de sexualité torride et d'érotisme brûlant. Vagin. Turgescent. Roploplos. Les esprits et les instincts naturels à présent calmés, attaquons nous à la chronique du jour, à savoir le deuxième Full-Length des gars en slip panthère, "Balls Out", qui succède à l'excellent - si, si, n'ayons pas peur des mots - "Feel The Steel". Direct comme un aller Caen - Paris sans s'arrêter à Lisieux, accrocheur comme une poignée de porte quand tu passes trop près en peignoir et bandant comme ma meuf sans peignoir, cette première livraison Hard Rock a su facilement s'imposer malgré toutes les casseroles brinquebalées inhérentes au style pratiqué. Groupe parodique tout sauf sérieux, singeant à l'extrême une scène eighties éculée et réfléchissant avec sa queue, STEEL PANTHER faisait alors se mélanger impudiquement un Hard Rock secoué, le BON JOVI des belles années et le VAN HALEN de Diamond Dave sur des hits Metal en puissance comme "Death To All But Metal" (un véritable hymne) ou "Party All Day (Fuck All Night)". S'agit maintenant de savoir si la seconde livraison de la panthère d'acier enfonce le clou. Comme toujours, si vous êtes plus branché Twilight que Private, ça risque de ne pas trop vous plaire. Bite, poil, couilles, tout ça ne vole pas beaucoup plus haut qu'un hélico de salon. Les blagues les plus courtes étant les meilleures, je vais éviter le commentaire de texte sur des paroles plus que lourdes, pour me concentrer sur la musique et personne se rendra compte que je parle anglais comme une boite de gratin dauphinois. Le son est toujours impeccable, premier bon point. L'intro parlée nous ramène en 1983, quand un certain "Shout At The Devil" foutait le feu à la planète Metal, paye ta bonne influence qui fait plaisir. Michael Starr impressionne toujours par sa voix davidleerothienne, puissante et immédiatement identifiable, ce qui n'est pas donné à tous les jeunes groupes. "Balls Out" suit donc la voie de son ainé dans l'hommage à peine caché d'anciennes gloires passées, MÖTLEY CRÜE et EXTREME en tête. Outre l'intro, le son du crou se retrouve sur le rigolo "I Like Drugs" où les bulles d'un bang remplacent les rugissements des motos de "Girls girls girls". Quant à la bande à Gary, on l'aperçoit sur les jumpisants "17 Girls In A Row" ou "It Won't Suck Itself", où le grand Nuno Bettencourt vient taper le boeuf avec les pervers pépères, visiblement heureux de partager leurs chansons avec de grosses pointures. Honnêtement, c'est sur ces titres funkys que STEEL PANTHER semble être le plus à l'aise et épate la galerie. Pour le reste, il est dommage d'assister à une petite chute de niveau chez un groupe qui, tout en restant irréprochable techniquement parlant, semble moins énervé et surtout moins inspiré. Des refrains poussifs, quelques titres mous, l'agressivité d'un "Turn Out The Lights" par exemple paraît déjà loin et c'est un peu triste. Moins méchant et moins délirant, "Balls Out" est un album plus ordurier mais aussi plus rangé. Un comble...

LINE UP :

Michael Starr : Chant
Satchel : Guitare
Lexxi Foxxx : Basse
Stix Zadinia : Batterie

TRACKLISTING :

1. In The Future
2. Supersonic Sex Machine
3. Just Like Tiger Woods
4. 17 Girls In A Row
5. If You Really Really Love Me
6. It Won't Suck Itself
7. Tomorrow Night
8. Why Can't You Trust Me
9. That's What Girls Are For
10. Gold Digging Whore
11. I Like Drugs
12. Critter
13. Let Me Cum In
14. Weenie Ride

Posté par Nico-Larsen à 08:00 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
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